• encremalouine

Une femme, une voix ...

C’est un bonheur que de parvenir a cette ville forteresse dont l’austérité n’a d’égale que la fantaisie naturelle qui la pare : la mer et son mouvement incessant, le vent, les grains de sable, les mouettes sont le paysage constamment mouvant qu’ont la chance de posséder les malouins. On ne refuse pas une invitation à Saint-Malo, même si l’on sait qu’on va y retourner dans un mois. Mais quand on y parvient, et qu’on est accueillie dès le quai par Charlotte, fossettes apparentes et mains dans les poches, on est déjà conquis. Non seulement elle a lu toute votre « oeuvre » et s’en est nourrie avant votre arrivée, mais elle draine dans son sillage tout un groupe - hétéroclite , comme dans toute association -, mais si riche et bienveillant, et si avide d’apprendre ! D’écouter.


C’est là qu’on est saisi par un fort doute: que sera-t-on capable de leur apprendre, puisque l’on sait si peu, et que l’on est soi-même pétrie de nombreux doutes !


Mais quand on pénètre dans la salle de cinéma, comble, et que l’on fait face à ce mur humain tout ouïe, dont on sait qu’il vient de regarder votre film et qu’il en est forcement « imbibé » - chacun à sa façon -, que l’on s’assoit, la fée Charlotte à vos côtés, qui ne s’est départie ni de son sourire, ni de sa vivacité, alors, le miracle se produit : on parle -longuement -, on répond aux questions savamment préparées par Charlotte, on « jauge » le public, on ressent , grâce à l’intensité de son attention, ses questionnements, son émotion, on sent au plus profond de soi qu’il vous suit... on souhaite, et on attend ses questions. Le temps passe sans que l’on s’en rende compte. On est dans le réel, celui de la rencontre, celui de l’écoute et du partage, bref, tout ce que j’aime et qui constitue ce « sel de la vie », comme dit la regrettée Françoise Héritier.


A Charlotte je dis merci, à Charles aussi, qui vous fait dépasser vos réticences personnelles initiales, parce l’on comprend qu’il ne vit que derrière son objectif, et que, forcément, cette humanité vous touche et qu’on a envie de lui faire plaisir ; merci aussi à tous les membres de l’association côtoyés ce soir-là, parce qu’ils sont venus, et qu’ils ne le regrettent pas ; merci au libraire Brice, forcément complice de l’auteur ; merci au personnel de la Passerelle, présent, que j’ai senti content d’être là, au travail, ce soir-là - c’est si rare ! - ; merci à ces lecteurs venus acheter un de mes livres, et qui, souvent, profitent de l’instant, face à moi, pour murmurer des phrases qui me touchent et m’aident à continuer d’écrire.


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