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Le point de vue de Michel sur la revue Saison 2

En cette Saison 2 il y a, effectivement, matière à lire et à voir, à se souvenir et à se projeter dans des lectures à venir. Qualité du papier, accroche de la première de couverture comme une invitation. Photos noir et blanc de haute tenue, nettes sur fond grisé de photos d’ambiance(s), variété des sujets (pas seulement littéraires). Toute cette composition soignée nous rappelle des émotions, des rires, des larmes parfois. A propos de l’évocation de L’Assommoir, ce souvenir de la lecture d’un extrait en classe et la réaction d’un jeune maghrébin de troisième : Putain, le texte ! Ce qui donnait envie de lire, lire encore ! On n’oublie pas la bouleversante prestation de Sorj Chalandon tant pour ses écrits que pour ses réponses aux questions posées, ses remerciements en métaphore filée, page 54, si sincères. En nos temps difficiles, il est pertinent d’évoquer, avec Alain Berbouche, le devoir d’Histoire plutôt que le devoir de mémoire. Et Charles Montécot de nous rappeler la fausse objectivité de la photographie. A l’évocation de Jean-Paul Kaufman, comment ne pas se souvenir de sa descente d’avion, de son retour de captivité et cette hésitation d’un père, sur le tarmac, à reconnaître l’un de ses fils qui a continué de grandir pendant les trois ans d’absence ? Marcelino Truong, illustrateur du Chevalier au bouclier vert, me ramène à l’époque où j’étudiais ce roman d’Odile Weulersse avec les élèves de cinquième. Léonora Miano, trente-six carnations du noir ! Carole Martinez invente la Loue qui, aujourd’hui, déborde et rappelle la crue meurtrière de La Terre qui penche : La Dame verte resurgit, menaçante. Comment ne pas être sensible à la chanson douce du visage de Leïla Slimani parmi les brise-lames ? Les événements de l’association : coups de cœur des libraires Patricia et Brice, leurs propositions enthousiastes et éclectiques. Les notes de lecture, particulièrement le Duras lu dès sa parution, suffocant court roman que j’ai tant aimé. Cette présentation avec danseuse en fond comme dansent les sentiments des personnages durassiens, leurs relations. Magnifique photo encore que celle montrant Jean-Louis Duquesnoy, assis dans sa caverne à livres, sous un tableau comme ceux qu’il exposait dans ses vitrines, étranger à l’affichage légal du prix du livre. Un libraire, pas un marchand de livres, bien ancré derrière son môle, avec son regard qui nous observe, nous lecteurs potentiels. Et puis cet accueil, chaleureux et permanent, de Patrick Brugalay : un hommage nécessaire, entre billards, tables de livres et affiches du Stade Rennais. Des paroles de Michel Berger à la tragédie grecque antique, nous avons tous en nous quelque chose de L’Encre Malouine. ​

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