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Clapat et Robinson, déchiffreurs de l'Antiquité

 

Nous avons rencontré ces deux auteurs aux Etonnants Voyageurs.

Leur stand était prometteur : Michel ( Robinson ) était très disert sur leur oeuvre, ce qui ne l'empêcha pas de prendre vigoureusement la défense de Gabriel Garcia Marquez, outrageusement traité par la documentaliste d'un lycée où ils s'étaient rendus. Mon sang ne fit qu'un tour : leur amour de l'Antiquité - et du Moyen-Age aussi - ne les empêchait pas de faire un détour par la Colombie,  indignés de voir traiter ainsi Gabo le Magnifique. Il n'en fallut pas davantage. Patrick ( Clapat ) leva les yeux du dessin qu'il créait à cet instant et dit " On vient quand à l'Encre Malouine ?  Et c'est ainsi que les choses se concrétisèrent, à des mois de distance. Nous dûmes faire plusieurs fois le tour du festival avant que ne séchât le fabuleux dessin de Clapat, et nous repartîmes avec sous le bras ce précieux trophée.

Il y a comme ça des rencontres dans la vie ... C'était comme rencontrer ... Steinbeck, par exemple, ou Louis Brömfield, des trucs improbables, et pourtant vrais ... On est peut-être dans un conte, qui s'évanouira au petit matin, mais peut-être que la vérité est dans les livres et que Clapat et Robinson seront au RV d'automne pour éclairer les mystères des temps anciens, où les murs de Troie à eux seuls fascinaient notre imagination.

Alors partons sur les traces de ces explorateurs  et entrons dans Troie avec eux ...

La chanson douce de Leïla Slimani

Elève du lycée français de Rabat, fille d'un haut fonctionnaire marocain et d'une mère médecin, Leïla Slimani a grandi dans une famille d'expression française.  

Après l'obtention de son baccalauréat, elle vient à Paris poursuivre des études littéraires en classe préparatoire au lycée Fénelon. Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris, elle s'essaie au métier de comédienne au Cours Florent, puis décide de compléter ses études à l'ESCP Europe, pour se former aux media. C'est à cette occasion qu'elle rencontre Christophe Barbier, parrain de sa promotion, qui lui propose une formation à l'Express. En 2008, elle est engagée au magazine Jeune Afrique. Elle en démissionnera quatre ans plus tard pour se consacrer à l'écriture.

En 2014, elle publie son premier roman aux Editions Gallimard, Dans le jardin de l'ogre. L'ouvrage est remarqué par la Critique, et sélectionné dans les cinq finalistes du Prix de Flore. Elle obtient le Prix Goncourt 2016 pour son deuxième roman, Chanson douce. On lui doit aussi un petit opuscule paru également en 2016 aux Editions de l'Aube, Le diable est dans les détails.

Découvrez le style sans concession de cet auteur, qui loin de la biche et du chevalier de Salvador, nous entraîne de la douce comptine à une scène de crime qui nous glace d'effroi, et hantera longtemps nos mémoires. Un roman d'une rare intensité. 

Carole Martinez ou l'exigence littéraire

18 mai 2017

Nous avons la joie d'accueillir à l'Encre Malouine la romancière Carole Martinez ...

Carole Martinez, c'est d'abord une écriture très poétique, qui dépeint les tourments avec une sensualité où se mêlent et se confondent sensualité et cruauté, où la tendresse prend parfois les contours de l'onirisme, où la terre qui penche peut vous désarçonner d'effroi, vous rasséréner aussi quand elle devient refuge auquel amarrer votre âme.

On lit sans reprendre son souffle, parce qu'en parlant des autres, elle nous parle de nous, de nos peurs, de nos désirs, de tout ce qui nous fait au fil du temps.

Elle publie Le coeur cousu en 2007, puis est lauréate du Goncourt des lycéens en 2011, avec Du domaine des murmures. Elle écrit en 2015 La terre qui penche, un texte qui plonge au coeur de l'enfance pour en dire les blessures, les secrets, au coeur de la petite Blanche, morte en 1361 à l'âge de douze ans.

Découvrez sans modération cet auteur de notre temps ...

Léonora Miano, la voix flamboyante des femmes

6 avril 2017

 

Nous avons l'immense joie d'accueillir à l'Encre Malouine l'auteur franco-camerounaise Léonora Miano.

Immense joie, car c'est une voix de femme, une voix rare, qui fait entendre, au-delà d'un continent, la voix universelle des femmes, de toutes les femmes.

Couple, maternité, féminité, place et rôle dans la société contemporaine, Léonora aborde tous les domaines , révèle les non-dits, la sourde violence qui peut exister dans la famille, la haine, les silences qui la rongent, elle brise les tabous pour creuser dans le vif, exhumer les immémoriales blessures, celles que l'on tait et qui dévastent les coeurs.

En filigrane, elle fait le portrait des hommes, et de toute une société corsetée par des lois qui musèlent la liberté depuis des générations de filles, de femmes et d'aïeules.

Le bonheur existe-t-il ? Mais surtout le droit au bonheur existe-t-il encore ? Le droit d'aimer sans fard ni honte ?

Crépuscule du Tourment ( tomes 1 et 2 ) est un magnifique hymne à l'amour, qui confirme le talent de cet auteur. Son premier roman, L'intérieur de la nuit, détient à lui seul 6 prix littéraires, meilleur premier roman de l'année 2005 selon le magazine Lire, son second roman, Contours du jour qui vient, est récompensé par le Goncourt des lycéens, et elle remporte le Fémina en 2013 pour La saison de l'ombre, qui raconte le début de la traite des Noirs et dénonce cette mondialisation qui conduit à exploiter l'humanité comme un produit de consommation.

On ne saurait méconnaître la voix de Léonora Miano, une écriture, une conscience, une vérité.

Marcelino Truong croque l'Encre Malouine ...

16 mars 2017 

Mémorable escale à Saint-Malo, beau port d'attache !

Revu la mer et retrouvé l'équipage du vaisseau des lignes tracées à " L'Encre malouine ". Embarquement à bord de La Grande Passerelle, grande arche de la culture, à quai devant la gare. Charlotte Cabot, le pacha des amateurs de littérature, dirigeait avec brio la manoeuvre, pendant que l'élégant commandant en second Martine Calvez, veillait à la bonne marche du navire. Charles Montécot, de l'escadrille photo, bondissait de babord à tribord, mitraillant sans relâche l'escarmouche. Le commissaire du bord, Jacqueline Baudinet, veillait au grain. Patricia Mériais-Martin, de la librairie Le Porte-Plume de Saint-Servan, fournit les munitions pour la dédicace et le coq du restaurant L'Antinéa nous gratifia d'un fin cambusard arrosant un parfait "repas amélioré", comme on dit dans la Royale. 

Belle bordée !! 

Entre Vietnam et cité corsaire, une vie d'artiste ...

16 mars 2017

Né d'un père vietnamien et d'une mère malouine, Marcelino Truong porte le nom d'une rue de Manille, la calle San Marcelino où il est né en 1957.

De Manille à Saint-Malo, en passant par le Vietnam, les Etats-Unis, Londres, il s'affirme comme un voyageur qui nourrit son imaginaire du monde. Diplômé de Sciences-Po et Agrégé d'anglais, il se lance en 1983 dans la vie d'artiste.

De ses albums jeunesse à la conception graphique de films d'animation, des couvertures de livres de grandes maisons d'édition aux illustrations dans la presse, ses dernières oeuvres sont des romans graphiques où il raconte son enfance à Saïgon ( Une si jolie petite guerre ) et son parcours depuis son départ du Vietnam à la fin de l'enfance ( Give peace a chance ).

On aime ce regard que Marcelino porte sur ses proches, sur l'Histoire, sur la vie. Ce qu'on aime aussi, c'est cette vision distanciée qui le met en scène avec justesse, humour, cette lucidité en quête d'une vérité intime qui interroge les illusions de la vérité unique,  et surtout cette tendresse qui, par-delà la guerre, lui fait aimer la vie, profondément.

Jean-Paul Kauffmann revient d'Outre-Terre

9 février 2017

 

Jean-Paul Kauffmann ...

ou trois années de vie à l'ombre des vivants. C'était au Liban, le 22 mai 1985. Grand reporter à l'Evènement du jeudi, il est enlevé à Beyrouth avec Michel Seurat qui, lui, mourra en détention. Revenu à la vie le 4  mai 1988, il ne veut plus être seulement regardé comme " l'otage ", et l'écriture sera pour lui une thérapie avec comme thématique essentielle celle de l'enfermement. Pour la première fois, en 2007, dans La maison du retour, il évoque sa captivité, et le douloureux apprentissage d'une vie redevenue normale, cette vie ordinaire dont il mesure alors toute la force. Ce sont deux livres lus en boucle qui ont préservé son intégrité dans ces terribles circonstances : la Bible et le tome 2 de guerre et Paix, qu'il a relu 22 fois à la lueur d'une bougie. Robinson échoué dans le noir, Jean-Paul Kauffmann a survécu ... La plus grande victoire des livres, c'est de l'avoir maintenu vivant.

Le 9 février, il nous parlera d'Outre-Terre, son dernier roman, et de cet autre exilé que fut le Colonel Chabert.

Le pouvoir de l'image

13 janvier 2017

 

Il existe un langage de l'image, et le monde contemporain s'est approprié ce langage sous toutes ses formes.

On se souvient de ces clichés qui firent le tour du monde : ces ouvriers en pause-déjeuner, arrêtés comme un vol de papillons en plein ciel de Brooklyn, ce jeune homme, sur la place Tiananmen, qui se dresse tout seul en face des chars communistes, la petite Sharbat Bibi, " l'afghane aux yeux verts " arrêtée au Pakistan où elle vivait illégalement ...  Qui a oublié les JO de 1968, où Tommie Smith et John Carlos ont dressé leur poing vers le ciel contre le racisme et l'exclusion dont sont encore victimes les Afro-américains aux Etats-Unis ? Personne n'a oublié ces images fabuleuses, qui disent avec force ce qui habite le coeur des hommes.

Car l'image  s'engage à dire le sens aussi bien que les mots, et même si ce sens semble plus immédiat, il n'en est rien. A bien l'observer, elle dit quelquefois plus que son signifié apparent, et une longue approche est nécessaire pour l'entendre dire. C'est pour cela qu'on se perd dans la contemplation d'un tableau, pour cela aussi qu'on retourne voir un film, pour cela encore qu'on se laisse infuser par un sublime paysage. Ce qu'on VOIT va au-delà de ce qu'on regarde, comme ce qu'on ENTEND va au-delà de ce qu'on écoute.

Charles Montecot est un promeneur solitaire qui capte la Bretagne au bout de son objectif, et nous la restitue comme une toile de maître. Il faut dire qu'il peint aussi ... Le 13 janvier, il ira au-delà de ses rêveries rousseauistes pour nous dire la force de l'image, capture dont nous devenons les captifs au fil de la contemplation.

Une soirée riche d'enseignements livrés par ce photographe aux multiples talents.

Sorj Chalandon, profession écrivain

17 novembre 2016

 

34 ans journaliste à Libération, aujourd'hui au Canard enchaîné, grand reporter, il est lauréat du Prix Albert Londres en 1988, pour ses reportages sur l'Irlande du nord, le procès de Klaus Barbie, et l'effroyable massacre de Sabra et Chatila en 1982.

Immense journaliste, mais pas seulement : Sorj Chalandon est aussi un immense écrivain, auteur de 7 romans publiés chez Grasset. Prix Médicis pour Une promesse en 2006, il obtient, entre autres, le Grand prix du Roman de l'Académie Française pour Retour à Killybegs en 2011, le Goncourt des lycéens en 2013 pour Le Quatrième Mur, et le Prix du style en 2015 pour son dernier roman, Profession du Père.

Immense écrivain, mais pas seulement : Sorj Chalandon est un homme-orchestre de l'humanité -  et c'est bien rare, par les temps qui courent - qui regarde le monde avec l'empathie des grands sensibles. 

Nous sommes très honorés de sa venue à l'Encre Malouine.  

L'Histoire n'est-elle toujours qu'un éternel recommencement ?

20 octobre 2016

Pour le penseur athénien Thucydide, l’Histoire était « un éternel recommencement ». Et pour le philosophe américain George Santayana, 2 000 ans plus tard elle restait « l’éternel recommencement que se condamnent à revivre ceux qui oublient leur passé »…

De la  chute de l’Empire romain, qui résulta d’une lente décadence morale de sa citoyenneté entraînant une dégradation matérielle des institutions de Rome dont le déclin tendanciel fut accéléré par les « Grandes Invasions barbares », aux vagues migratoires qui débarquent de nos jours sur les plages occidentales, il semble bien que oui. Et plus encore de la geste des pirates d’antan aux méfaits des nouveaux « Barbaresques » dans l’Océan indien… Les mêmes causes engendrent les mêmes effets. Le balbutiement de l’Histoire semble entendu et pourtant ! Si c’était aussi simple, il suffirait d’éviter les erreurs du passé, d’anticiper ce que l’on sait pour s’épargner les conséquences dommageables que l’on connaît. Mais la mémoire, quoique érigée en « devoir », ne suffit apparemment pas à se prémunir face aux drames de l’Histoire. L’homme est-il fatalement impuissant face à ce qui serait alors son destin ?...

 

Politiste, publiciste et historien de formation, docteur d’État en histoire du droit et des institutions, ex conseiller municipal de Saint-Malo, maître de conférences hors-classe honoraire des Universités en histoire du droit, membre de l’Institut Français de la Mer et de la Société d’Histoire et d’Archéologie de l’Arrondissement de Saint-Malo, Alain Berbouche est l’auteur de nombreux articles et d’ouvrages de références en histoire maritime, dont le dernier est paru en 2016 : SAINT-MALO PORT DE GUERRE, Un port dans l’Histoire de la Marine française.

Quelque chose de Tennessee ...

22 septembre 2016

L'Encre Malouine accueille avec bonheur Liliane Kerjan, spécialiste de littérature américaine, comme en témoignent ses ouvrages sur Tennessee Williams, Arthur Miller, F. Scott Fitzgerald ou Truman Capote

Professeur fulbright à l'Université de San Diego, professeur invité à Yale, elle collabore depuis 1986 à la Quinzaine Littéraire. Depuis 2007, elle est présidente de l'Institut franco-américain de Rennes. 

En 2010, elle publie une remarquable biographie de Tennessee Williams, à qui nous rendons hommage par sa voix en ouverture de la saison le 22 septembre.

Charles Montecot publie Rêve et Rance

 

Nous ne boudons pas notre plaisir à retrouver une nouvelle parution de Charles Montecot, ce qu'on appelle " les beaux livres ", quand on a feuilleté les pages des précédents.

Vous pourrez en prendre possession à partir du 11 juillet 17h30, 9 rue du Viaduc à Lanvallay

18h : présentation

19h : apéritif et dédicace

Prix de la souscription : 30 euros

Prix libraires à partir du 12 juillet : 34 euros

L'Encre Malouine publiera un article sur le nouvel ouvrage de Charles Montecot courant juillet.

Jean-Luc legros publie L'Emerveillante

 

L'Emerveillante est un récit fictionnel, fruit de longues années passées au Mont-Saint-Michel comme professeur au Services des Actions éducatives. Le Mont et sa baie en sont les personnages principaux mais nul ne peut échapper à la « magie » du lieu dont je suis imprégné et construit depuis mon enfance. L'épigraphe de Rilke est sans doute la clé de cet ouvrage et aussi de façon  plus intime, le deuil de notre petit-fils qui a accompagné la rédaction de cet ouvrage.

Une classe patrimoine au Mont-Saint-Michel, trente-cinq adolescents originaires d’Alsace, des enseignants pas encore fatigués de transmettre leur passion de l'art et de l'histoire, tout pourrait être dans l'ordre et dans le ravissement partagé. Mais la « huitième merveille du monde » n'est pas un décor ni seulement un objet d'étude, dans l'évidence de sa beauté, sa magie opère, des blessures existentielles sont révélées, avivées ou sublimées.

La rencontre de Lissala, une adolescente et de Raphaël, passeur dans la baie, ancien universitaire désabusé de l'enseignement, va préciser l'unique question : quel sens donner à sa vie ?

Cet ouvrage manifeste une profonde passion pour la baie et le Mont que l'auteur enteretient depuis son enfance. Au-delà d'une réelle empathie pour le monde adolescent, il dresse aussi un portaiat quelquefois acidulé du milieu enseignant.

L'Emerveillante … Un nom qui chante et qui enchante.

L'auteur, Jean-Luc Legros, est un amoureux du Mont et des mots, assurément. Sa belle écriture vous imprègne littéralement d'un désir irrépressible de découvrir le Mont Saint Michel … ou d'y retourner au plus vite fouler le sable de sa baie.

L'Emerveillante c'est avant tout le récit de cet amour inconditionnel pour le Mont Saint Michel.

Au cœur de l'histoire : une classe découverte, des adolescents riches de leur jeunesse, de leurs interrogations, de leurs fêlures, déjà, et des professeurs passionnés. Les personnages, l'intrigue, tout est prétexte à chanter la faune, la flore, les pierres et les mouvances de l'Emerveillante.

Se plonger dans les mots de Jean-Luc Legros, c'est se laisser gagner par une sensation de plénitude...  le temps qui s'arrête et la beauté du monde… si proche.

L'esprit de Cervantès retrouvé

 

Traduire, ce n'est pas adapter, dénaturer une oeuvre pour un public qui la lit quatre siècles après sa création, ce n'est pas restaurer un chef-d'oeuvre qui aurait subi les injures du temps, non, traduire, c'est créer à part entière, redonner à l'oeuvre sa lisibilité, en restituer la modernité, la rendre familière à tous. Comme le dit Aline Schulman, il fallait ressusciter un livre qui disparaissait derrière le mythe, le faire entendre à une oreille contemporaine.

Pourquoi ? Mais parce que tout le monde en parle, de ce Don Quichotte écrit par le génial Cervantès, tout le monde en parle, oui, mais personne ne le lit !

 

Pendant six ans, six années de travail et de doutes, Aline schulman s' attache à l'oeuvre, et le schéma s'inverse : elle devient  Dulcinée en quête de cet hidalgo mystérieux dont elle veut retrouver le sens profond. Pour s'imprégner du rythme, elle prendra des cours de flamenco, ressemblant à ce héros qui ne recule devant aucun défi. Loin de l'érudition philologique, elle privilégie , sans notes ni renvois, l'essentiel d'un destin. Son Quichotte éveille chez le lecteur le plaisir fou de bondir, le temps de la lecture, dans l'univers spatio-temporel de Cervantès, de goûter le plaisir oublié de l'oralité. Car le Quichotte était lu dans les fermes, dans les champs, pendant les foires, il était une oeuvre populaire au meilleur sens du terme, dont les siècles écoulés firent un texte pour initiés.

Aline Schulman lui rend sa vocation première, elle fait renaître ce texte délicieux, qui nous fait rire, qui nous émeut, qui nous révèle la fonction de lecteur. C'était un pari, au milieu des nombreuses traductions qui existaient, un pari audacieux ... et réussi. 50 000 exemplaires vendus disent assez qu'en 1997, on lit le Quichotte comme au temps où il fut écrit, et n'est-ce pas le plus bel hommage qu'on pouvait rendre à Miguel Cervantès, ce magicien absolu de la littérature ?

Hubert Haddad, l'homme-orchestre de la littérature

 

Hubert Haddad est un homme-orchestre de la littérature, qui a investi tous les genres : poète, romancier, dramaturge, historien d'art, essayiste, il commence à publier à la fin des années 60, entre autres Palestine ( prix des Cinq continents de la Francophonie en 2008 et Prix Renaudot poche en 2009 ) et Le peintre d'éventail ( Prix Louis Guilloux en 2013 et Prix Océans France ô en 2014 ). Peintre également, et à l'occasion illustrateur, il anime de très nombreux ateliers d'écriture à travers la France, dans tous les lieux de vie, écoles, centres sociaux, mais aussi prisons et hôpitaux, ce qui fait de lui un homme rare, engagé dans les combats pour ces valeurs universelles de paix, de justice, de respect des autres, de fraternité, si universellement piétinées dans le monde. Fondateur de la revue Apulée, où se retrouvent écrivains et artistes venus d'horizons divers, c'est un fervent des Etonnants Voyageurs, profondément engagé dans la défense des littératures du monde. Il a publié récemment et Corps désirable, et il nous fait l'amitié de sa présence à l'Encre Malouine.

Une rencontre exceptionnelle le 26 mai 2016 à la Passerelle

Etonnants Voyageurs ...

 

Etonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

 

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.

 

Dites, qu'avez-vous vu ?

 

Charles Baudelaire, Le Voyage

 

Judith Perrignon, la sensibilité et la grâce

 

Elle était à l'enterrement de Victor Hugo, elle était aussi chez nous ce soir de printemps, où elle a enchanté son auditoire.

Beaucoup de monde à la Grande Passerelle, sur l'écran le vieil Hugo, et le souvenir de ses combats, de son écriture puissante, de son humanité géante. Dans la salle, un public fervent, dont la voix de Judith est allée chercher les réminiscences anciennes. Victor Hugo, comme le disent les personnages de son roman, on l'apprend à l'école, un peu comme une prière, et on le sait par coeur, même quand on n'a jamais appris à lire. On grandit avec , et quand on est malouin, les promenades sur le Sillon n'auront plus jamais le même goût, car au bout de l'horizon, il y a le vieil Hugo qui tonne contre l'Empire du fond de son exil. 20 ans pour défendre la justice et la fraternité, 20 ans qui recueillent deux millions de parisiens le jour de ses obsèques, quand Victor Hugo vient de mourir.

Avant que Judith n'évoque son roman, pour ouvrir la rencontre, des lectures du poète, qui nous présentent successivement le Hugo politique, social puis intime, à travers 7 textes : l'atmosphère devient grave, presque religieuse, empreinte de ce silence qui accompagne ces moments où l'on partage d'une seule âme. Victor Hugo est parmi nous, amené par les mots et les phrases de ce texte remarquable qui touche en nous l'essentiel, parce qu'il dit l'essentiel. Mon père s'est invité au coeur de l'écriture, nous dit Judith, son père à elle, qui se surimpose au Père, son père qui a gravé en elle la poésie d'Hugo, parce qu'Il faut faire confiance aux poètes. On est touchés, on n'oubliera pas.

 

L'Encre Malouine vous conseille à présent C'était mon frère, du même auteur, publié en 2006 ...

A l'enterrement de Victor Hugo ... elle y était !

 

Un nouveau livre sur Victor Hugo ?

Avant que la lassitude se peigne sur les visages, lisez le texte insolite de Judith Perrignon, qui nous raconte les derniers jours de Victor Hugo, l'homme qui naquit quand ce siècle avait deux ans, et qui le parcourut presque jusqu'à la fin, 22 mai 1885, où cette grande voix se tut. Hugo, c'est l' oeuvre considérable d'un poète, romancier, dramaturge, c'est aussi un écrivain engagé dans les misères de son temps.  Père blessé à qui la vie infligea la noyade de sa fille Léopoldine à Villequier

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

Hugo est aussi l'homme qui prit la défense des enfants de cinq ans envoyés dans les mines

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?

l'homme qui affronta 20 ans d'exil pour que revienne le temps de la justice et de la paix ,

l'auteur des Misérables enfin, ces Misérables qui n'ont pas été invités, justement, à se recueillir autour de la dépouille du poète.

Ce que Judith raconte dans ce texte, c'est précisément cet émoi que suscitèrent les derniers jours du poète, cette volonté d'arracher au peuple celui qui voulait faire flamboyer l'avenir, celui qu'on enterra un lundi pour empêcher les ouvriers de l'accompagner une dernière fois. Ils étaient pourtant une foule à guetter son agonie autour de sa maison, comme ils avaient été une foule à l'accueillir gare du Nord au retour de Guernesey

Vous voir ici me console de vingt ans d'exil ...

comme ils seraient une foule sous l'Arc de triomphe à se recueillir devant son cercueil, comme nous sommes une nation à nous souvenir que Victor Hugo fut un des nôtres et un exceptionnel patrimoine.

22 mai 1885, 13h27 : Victor Hugo meurt au 50 de la rue qui porte déjà son nom, et deux millions de personnes seront là, sur la route empruntée par le cortège qui l'emmènera au Panthéon. C'est l'histoire de ce grand escamotage que nous livre Judith, de ces funérailles nationales pour celui qui fit entrer les misérables en littérature. Victor Hugo défia les puissants comme aucun autre ne l'avait fait jusqu'alors. Judith Perrignon  défie à son tour ceux qui auraient voulu lui faire un mausolée où la voix assourdissante du peuple se serait tue.

Mémoires d'une vie magique

 

Remarquable !

128 pages en 5 couleurs nous retracent la vie du plus grand écrivain contemporain !

Ce roman graphique le suit de son enfance pauvre sur les bancs de la Barranquilla, puis lors de sa jeunesse dans les bordels à Paris, de son histoire d'amour avec Mercedes Barcha jusqu'à sa rencontre avec Fidel Castro, de son quotidien à sa vie d'auteur, avec une virtuosité éblouissante. Quatre artistes illustrent les quatre parties de ce récit, signalées par quatre couleurs différentes.

Cette écriture à quatre mains fait la part belle à l'imaginaire, dont Gabo était un maître incontesté. Quel bonheur de retrouver l'admirable auteur de Cent ans de solitude, dont l'oeuvre tout entière nous livre une hallucinante chronique de l'Amérique latine, où se mêle son histoire intime, ses obsessions et ses souvenirs d'enfance. Ce Prix Nobel de Littérature nous a à jamais rendu familier le village de Macondo, terre d'attache littéraire inspirée d'Aracataca, village où est né cet incontournable génie de la littérature.

Boualem Sansal, la vérité en face

 

Une soirée à marquer d'une pierre blanche à la Grande Passerelle, où l'Encre Malouine recevait l'écrivain Boualem Sansal. Loin de l'interview traditionnel,  l'auteur nous proposa une vision du monde, éclairée par une première question sur les liens qui pouvaient exister entre Islamisme et  Nazisme. Cette analogie était au coeur de son roman Le village de l'Allemand, publié en 2008, où un jeune découvre, dans le journal de son frère qui s'est donné la mort, que leur père, héros des moudjahidin, était aussi un ancien criminel nazi. Stupeur ! mais stupeur aussi du grand auditorium ce soir-là, auquel Boualem Sansal révèle un pan de l'histoire contemporaine totalement ignoré. La réponse est longue, mais le public suit l'analyse avec ferveur. L'auteur est un visionnaire des temps à venir, et du péril inexorable qu'ils entraînent avec eux. Selon lui, les choses ne s'arrangeront pas : ce qui disparaîtra ici resurgira là, parce que nous nous voilons la face dans un aveuglement volontaire, qui ne nomme pas les choses, pour feindre qu'elles n'existent pas. Il nous parle de tout : de l'endoctrinement par exemple, en 45 jours dans toutes les casernes dignes de ce nom. Ses anciens amis sont devenus des imams prêchant la bonne parole, et il n'est pas simple de rester dans les dix pour cent qui résistent. L'Islamisme a détruit ma vie, me disait-il quelques heures plus tôt, constat barbare qu'il assume avec l'extraordinaire sérénité d'un homme revenu de tout.

Il faut entendre la voix de cet écrivain remarquable, au courage exemplaire, à la lucidité aiguë, qui rentre dans son village en Algérie, pourquoi ? Mais c'est là que j'habite ! dit-il avec un sourire qui illumine soudain la scène, auquel il faudrait puiser de la lumière. Pour retrouver une analyse très fine des dérives de notre monde, ne manquez pas de lire Poste restante : Alger, une courte lettre de colère et d'espoir à ses compatriotes, publiée en 2008, à la mémoire de Mohamed Boudiaf, président de l'Algérie de janvier à juin 1992, assassiné à Annaba par un officier de la Garde présidentielle. Ce texte est une pépite d'or où la parole libérée nous libère de nos propres entraves.

Merci, monsieur Boualem Sansal, d'affirmer votre existence d'homme au milieu des fantômes de l'humanité.

Boualem Sansal ou la parole libérée

 

Boualem Sansal, écrivain algérien d'expression française, romancier, essayiste, Grand Prix du Roman de l'Académie française en 2015 pour 2084, la fin du monde, est un de ces hommes qu'on n'oublie pas. Censuré dans son propre pays pour ses positions très critiques envers le pouvoir et sa réflexion sur les dérives du monde contemporain, il reste pourtant fidèle à son pays, parce qu'à ses yeux il a besoin des artistes pour ouvrir des chemins à la démocratie. Universitaire brillant, polytechnicien, docteur en économie, haut fonctionnaire au Ministère de l'Industrie, il est limogé en 2003. Ce sont les tragiques impasses du monde contemporain qui l'ont fait entrer en littérature. En 1999, Le serment des barbares reçoit le Prix du premier roman, Le village de l'Allemand est lauréat du Grand Prix RTL, et en 2012, Rue Darwin, qui raconte l'histoire d'une famille prise dans la guerre d'Algérie, obtient le Prix du roman arabe, qui lui sera finalement refusé par les ambassadeurs arabes finançant cette distinction. En 2013, l'Académie Française lui décerne le Grand Prix de la Francophonie.

Humaniste au courage exemplaire, à l'intelligence lumineuse, à la volonté farouche, Boualem Sansal s'impose comme une voix incontournable du monde contemporain.

L'Encre Malouine est fière de l'amitié qu'il lui fait par sa venue le 14 mars à la Grande Passerelle.

Le chevalier à la triste figure et l'oiseau de la lune

 

L'Encre Malouine accueille pour la première fois un auteur jeunesse.

Il faut d'abord lever le préjugé qui s'attache à la littérature jeunesse : ce n'est pas un succédané de littérature, mais au contraire un art difficile : en effet, il s'agit de donner le goût de la lecture à un public encore mal équarri en ce domaine. Proposer des textes accessibles , joliment illustrés, qui donnent envie de s'aventurer dans ces terres inconnues, ne pas les rendre rébarbatives à jamais. C'est tout un art, et un challenge difficile.

Jean-Sébastien Blanck s'efforce de réussir ce pari, en adaptant de grands textes classiques aux jeunes, comme par exemple le chef-d'oeuvre de Cervantès, Don Quichotte, un incontournable de la littérature espagnole, de la littérature tout court devrions-nous dire. Lecture idéale à partir de 9 ans, L'Histoire des admirables Don Quichotte et Sancho Pança, adaptée par Natacha Godeau et Jean-Sébastien Blanck, illustrée par Jonathan Bousmar , et présentée sous une jaquette à l'ancienne, propose le texte intégral, au rythme de Cervantès, à travers ses moments les plus emblématiques. Plume est laissée à Sancho Pança, pour nous dire que dans la vie, l'espérance et le rêve existent encore.

Et pour connaître sous d'autres formes le travail d'un auteur éditeur jeunesse, Jean-Sébastien Blanck nous parlera aussi d'Alzabane, l'oiseau de la lune

... quand la Terre n'était encore qu'une vaste sphère, bleutée et vaporeuse, gonflée d'air et zèbrée de nuages aux mille couleurs ...

Ne manquez pas ce voyage qui nous ramènera aux heures enchantées de l'enfance ...

Robert Surcouf et Alain Roman : le face à face de la vérité

Alain Roman ne se définit pas comme un écrivain. Il se dit chercheur, et sans pour autant refuser l'anecdote dont l'Histoire est riche, sans ôter ce plaisir aux lecteurs, friands de la petite histoire qui sommeille sous la grande, il aime présenter la vérité des faits. Auteur d'une dizaine de textes, il publie en 2006 La saga des Surcouf, Mythes et Réalités, primé par l'Académie de Marine, trois générations de capitaines et d'armateurs d'une puissante famille malouine dont il retrace le vécu sans concession à la légende. Un an plus tard, il publiera Robert Surcouf et ses frères, lui aussi primé, histoire d'un corsaire d'exception que ses fabuleux exploits, de la prise du Triton en 1795 à celle du Kent en 1800, élevèrent au rang de mythe. Alain roman nous raconte cette vie extraordinaire, qu'il ne présente pas forcément comme la meilleure biographie, mais dont il revendique l'exactitude et l'exhaustivité.

C'est passionnant d'écouter cet historien auquel n'échappe pas le détail, et qui s'en tient modestement aux faits. Dans la pièce hantée de livres où je l'accueillais, le passé a soudain déferlé, l'espace s'est empli d'hommes et de lieux, et toute l'histoire de cette ville dont on apercevait les remparts au loin a surgi, prestigieuse et familière à la fois. Des millions de touristes, sur l'esplanade des remparts, contempleront encore le doigt éternel de Surcouf pointé vers l'angleterre, Surcouf que le talent d'Alain Roman nous restitue vivant.

L'auteur de Clara et la pénombre en visite à Saint-Malo

 

Né à La Havane, José Carlos Somoza suivra quelques mois plus tard sa famille en exil pour raisons politiques. Diplômé en médecine et psychiatrie en 1994, il exercera un temps avant de se consacrer entièrement à la littérature. Vivant désormais à Madrid, il est l'auteur de nombreux romans policiers, primés et traduits dans une trentaine de langues. Il est un de ceux qui ont renouvelé le polar espagnol, grâce à sa capacité de mélanger les genres, en greffant sur une trame policière le fantastique et la terreur, la science-fiction et la philosophie. José Carlos Somoza peint au plus juste les dérives et les déviances de notre société, et creuse impitoyablement le réel pour ouvrir sous nos pas de lecteur les gouffres terrifiants de l'invisible, comme un chemin initiatique vers la lumière. La démarche est spirituelle bien plus qu'on ne le croirait, comme l'indiquent la majorité de ses titres, La Caverne des idées, Clara et la pénombre, La Clé de l'énigme, et aujourd'hui  cet étrange Tétraméron où la jeune Soledad, cousine d'une certaine Alice, s'éloigne doucement du ... vert paradis des amours enfantines.

C'est peut-être le prix à payer pour redevenir visible à ses yeux et aux yeux du monde.

A travers des contes éminemment baroques où les fées sont absentes, Somoza nous perd dans les trompe-l'oeil d'une écriture magistrale, où la reconquête de soi est toujours une ascèse dont on ne sort jamais indemne.

 


 

 

Brumes et mystères de la forêt de Brocéliande

Claudine Glot a quitté sa Dordogne natale pour la Bretagne à 20 ans, et elle s'est tout de suite passionnée pour le patrimoine de cette région. Devenue une des spécialistes de la légende arthurienne et de la mythologie celtique, elle a créé en 1988, avec quelques amis, le Centre de l'Imaginaire arthurien, installé au Château de Comper depuis 1990. Les thèmes autour de la légende arthurienne, mais aussi  les fées, les Celtes et la mystérieuse forêt de Brocéliande n'ont plus aucun secret pour elle, et sa démarche de réécriture, qui facilite la lecture des jeunes publics en respectant la sensibilité médiévale, est tout à fait remarquable.  Elle a écrit une vingtaine d'ouvrages, et publié des articles sur l'univers celtique et médiéval dans Geo et Grands Reportages. C'est pourquoi nous sommes particulièrement heureux de l'accueillir sur le thème Les fées aussi ont une histoire ... , on ne peut plus approprié au fil conducteur de la nouvelle

saison de l'Encre Malouine, Imaginaire et Dissidence.

Boris Akounine est venu nous voir ...


Je suis l’écrivain russe le plus célèbre de Bretagne… J’aime St Malo, c’est un endroit parfait pour écrire. J’ai cherché un endroit dans toute l’Europe occidentale, en Italie, en Angleterre, en France, car j’ai besoin de m’isoler pour écrire, m’isoler de mes amis, des journalistes, de tout le monde. Avec ma femme, on a visité plus de quarante endroits en France. Et quand on est arrivés à St Malo et que j’ai vu ma maison, c’était irrationnel, mais j’ai dit immédiatement c’est bon, avant même d’entrer, j’ai dit à ma femme ‘on va acheter cette maison’.. elle m’a dit ‘tais-toi’… et on l’a achetée. 
Pourquoi ? La mer ? Les corsaires ? L’océan ?
Un peu tout, mais il y a autre chose. Il y a quelque chose de très créatif dans l’air de cette ville. Le vent, la pluie, ce lieu vous donne de la force. J’avais loué une maison sur le Lac Majeur, en Italie, magnifique. Et je n’ai pas pu écrire une ligne, c’était si beau, le farniente… impossible… Quand je suis à St Malo, je peux produire trois plus qu’à Moscou.

 

 

Le prix Goncourt dans la cité corsaire

Lydie Salvayre, dernière lauréate du Prix Goncourt, sera l'invitée de l'Encre Malouine à La Grande Passerelle, nouvelle silhouette emblématique de la cité corsaire. La rencontre se déroulera dans le grand auditorium, elle sera suivie d'une séance de dédicaces.

Lydie Salvayre est l'auteur de Pas pleurer, roman  où s'entrelacent deux voix, celle de Bernanos, témoin de la guerre civile espagnole, et celle de Montsé, sa propre mère qui, soixante-quinze ans après les événements, se souvient ...

Deux voix, deux visions, portées par un art romanesque à son sommet, qui mêlent l'horreur de la guerre civile espagnole, où l'Eglise apporta son soutien aux Franquistes, et cet été 36 radieux où Montsé, nonagénaire aujourd'hui, se souvient des émois radieux de l'adolescence. dans son petit village de Catalogne.

Vous en saurez davantage le 20 mai, où nous accueillerons  Lydie Salvayre à 17h 45 pour une rencontre pleine d'émotions. Venez partager ce moment de littérature autour d'un des grands textes de l'année 2014.

Un dîner sur réservation aura lieu en compagnie de l'auteur. Pour vous inscrire à ce dîner, cliquez sur le bouton.

Emma Bovary, une femme hors-normes

S'il est un roman emblématique dans toute la littérature, c'est bien l'oeuvre de Flaubert, Madame Bovary, celle dont son créateur disait Madame Bovary, c'est moi !

Nous partirons à la recherche de cette héroïne peu commune, qui immortalisa un nom qui n'était pas le sien. Madame Bovary n'a pas pris une ride, car elle est à la fois profondément elle-même, et aussi toutes les femmes qui aujourd'hui, rêvent  peut-être d' une autre vie, celle dont on parle dans les livres. C'est pourquoi nous pouvons reprendre au compte de la modernité les mots de Flaubert et dire

Madame Bovary, c'est toi ! 

La nouvelle, un genre littéraire à part entière

 

La forme brève de la nouvelle impose au  lecteur une immersion rapide et radicale dans un univers nouveau, elle exige une lecture concentrée, un engagement sans partage. Il lui faut accepter d’entrer sans préalable dans l’histoire et supporter la force parfois dérangeante de la narration. La chute peut le laisser à la fois troublé par la surprise et  vaguement insatisfait d’être déjà congédié. La récompense sera  l’intensité de la lecture et une relation ardente au texte qui continue après le mot de la fin.

 Le roman propose un voyage longuement préparé, l’auteur aura fourni à son lecteur les plans et les guides nécessaires à son confort, il lui aura réservé des temps d’explication et confirmé l’itinéraire. La nouvelle va le saisir, l’immerger dans son univers et le congédier après l’avoir déstabilisé. Le traitement peut sembler rude mais il faut parfois ne pas reculer devant  l’expérience de l’inconfort, elle  vaut la peine d’être vécue.

Le 12 mars je proposerai un parcours subjectif à travers des nouvelles choisies chez des auteurs qui me sont chers : Yoko Ogawa, Sam Shepard, Flannery O Connors, Claire Keegan, Alain Emery, Philippe Blondel, Laurent Gaudé, Annie Saumont… Des extraits de textes seront lus par des membres de L’Encre malouine.

 

Sylvette Heurtel vit à Saint-Malo, elle est l’auteure de trois recueils de nouvelles publiés aux éditions Henry des Abbayes. Le premier dans l’ordre chronologique, Contes malpolis, décline les contes de la tradition européenne dans des contextes actuels et rhabille quelques personnages mythiques aux couleurs d’aujourd’hui. Le deuxième, Contes déraisonnables, suit le fil du dialogue poursuivi avec ceux qui nous quittent : des disparus continuent à tenir leur place dans la vie intérieure de ses héros, souvent à l’insu de leur entourage. Le dernier paru  en 2013, Nous n’en parlerons pas, s’articule autour du silence. Entre secrets, pieux mensonges et oublis, le poids ce qui n’a pas été dit dessine en creux des personnages dont les destins se croisent parfois d’une nouvelle à l’autre.

 

Les capitales intimes de Charles Montécot

Le 12 février 18h, dans le nouvel espace du Quatrième Lieu, à la Grande Passerelle, nous recevons Charles Montécot, photographe, sur le thème Capitales intimes. Occasion pour nous de revisiter à travers son regard des capitales européennes, Lisbonne, Madrid, Bruxelles ou encore Sarajevo, dont il essaie d'élucider le mystère par-delà les clichés, par-delà les préjugés. 

Le Mont-Saint-Michel des poètes et des écrivains

Jean-Luc Legros, invité de l'Encre Malouine, inaugure le Quatrième Lieu de La Grande Passerelle, en évoquant les poètes et les écrivains du Mont-Saint-Michel. A l'issue de sa conférence, il dédicacera quelques-uns de ses ouvrages.

RV le jeudi 8 janvier à 18h à la Médiathèque.

Rencontre avec Annie Morvan, traductrice et amie de Gabriel Garcia Marquez

EXCEPTIONNEL !
ANNIE MORVAN, traductrice et amie de GABRIEL GARCIA MARQUEZ, nous fait l'amitié et l'honneur de sa venue à l'Encre Malouine.

Rendez-vous le jeudi 30 octobre 17h au Théâtre Chateaubriand intramuros pour évoquer avec elle l'immense écrivain colombien, Prix Nobel de littérature.

 

Jeudi 30 octobre 2014

Saint-Malo, terre de femmes

Assistez à la table ronde Saint Malo, terre de femmes qui réunira 6 invités nous expliquant leur métier et la place de la femme dans ce dernier

 

19 juin 2014

L’Encre Malouine reçoit Paul Dirmeikis, poète, musicien et peintre

La poésie est à ses yeux une méditation journalière, il croit au rôle prépondérant de l’intuition. Paul s’installe à la table de sa cuisine et laisse monter les mots en contemplant son jardin. Il compose et chante ses textes et ceux d’autres poètes. 

320 poèmes, presque autant que les jours d’une année : Paul Dirmeikis publie Les belles choses àL’Eveilleur, un sixième recueil poétique considérable, dans un format à l’italienne, remarquablement illustré.

Il se livre également à une autre forme d’écriture sur la toile blanche, dans un atelier près de sa maison. Sa peinture s’inscrit dans le courant de l’expressionnisme abstrait et de l »abstraction lyrique.

C’est un artiste étonnant que nous vous convions à rencontrer : né à Chicago, en Illinois, d’une mère bretonne et d’un père lituanien, il est aussi membre de l’Union des compositeurs lituaniens.

Nous sommes heureux de vous faire découvrir cet artiste différent, qui donnera un récitalà la guitare autour de ses textes et  ceux de Tristan Corbière, Victor Segalen, Max Jacob, Armand Robin, René Guy Cadou, Georges Perros, Angèle Vannier, Paol Keineg, Per-Jakez Hélias, puis évoquera son oeuvre.  Il dédicacera son recueil à la fin de la rencontre et  apportera quelques-unes de ses toiles.

Si vous souhaitez prolonger le plaisir, un dîner vous est proposé en sa compagnie à l’Antinea, 53 Chaussée du Sillon, pour une participation de 25 euros. Réservation obligatoire, exigée par le restaurant. 

 

Jeudi 22 mai 2014

Un mécène des temps modernes nous rend visite

L’Encre Malouine ouvre ses portes au vent du large …

Olivier Chéreil de la Rivière, descendant en ligne directe des grands armateurs de Saint-Malo, est l’actuel propriétaire de l’Hôtel d’ Asfeld, qu’il restaure avec  passion.  Il vient d’abord nous parler de la vie quotidienne de ces grands armateurs au XVIIIème  siècle. Dans une seconde partie, il évoquera leurs affaires, qui construisirent la prospérité de la ville, et ce qui reste aujourd’hui de ces messieurs de Saint-Malo, dont  témoignent les pierres, les rues, et l’ambiance si singulière de la cité. C’est avec un extrême plaisir que nous accueillons ce conteur remarquable et  spirituel, qui connaît non seulement l’histoire et la géographie, mais davantage encore l’esprit  qui poussa les malouins à sillonner toutes les mers du globe. Embarquons-nous dans son  sillage, sur les traces de ces hommes pas tout à fait ordinaires… 

 

Jeudi 10 avril 2014

Rencontre avec de l'écrivain Yahia Belaskri

L'Encre Malouine s'apprête à vivre des heures exceptionnelles autour de l'écrivain Yahia Belaskri, auteur en particulier de Si tu cherches la pluie, elle vient d'en haut, Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs en 2011, et d'Une longue nuit d'absence, paru en 2013.

Yahia Belaskri nous fait l'amitié de partager avec nous la journée du 27 mars prochain, qui se déroulera selon les horaires suivants au Théâtre Chateaubriand intramuros.

  • à 14h30, nous accueillons les élèves des lycées L' Institution, Jacques Cartier et Maupertuis, pour la remise par l'auteur du Prix du meilleur logo. Les lycéens ont en effet été sollicités pour créer le nouveau logo de l'Encre Malouine.

  • aux alentours de 15h45, Yahia Belaskri débattra avec les lycéens de l'Institution et des Rimains autour d'Albert Camus

  • aux alentours de 17h30, un débat sera mené avec l'auteur sur le thème suivant : Yahia Belaskri, ou une certaine idée de l'homme.

  • vers 19h, une séance de dédicaces est organisée avec la librairie le Porte-Plume de Saint-Servan

  • enfin, un dîner réunira autour de l'auteur ceux qui souhaitent prolonger cette rencontre. Il aura lieu aux Embruns, 120 Chaussée du Sillon, vers 20h.

 

Jeudi 27 mars 2014

Entrons en poésie … à la bibliothèque intramuros, rue Désilles

Charles Baudelaire disait :

 

"Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais."

 

D’aucuns trouveront peut-être excessifs cette importance accordée aux nourritures spirituelles, et le peu de cas qu’il fait des nourritures terrestres. Il est vrai que dans notre monde, où le matérialisme est roi, la poésie n’est pas souvent invitée au banquet des Grands qui se partagent la Terre. On la regarde de loin, réticent à découvrir ces contrées étranges, et pourtant si familières, où les poètes nous invitent à les suivre.

Mais une fois n’est pas coutume, et une porte ouverte nous donnera peut-être envie d’en ouvrir de nouvelles, pour savourer autrement le monde qui nous entoure, en déchiffrer le mystère, en élucider les secrets.

Avec Béatrix, amie de la Tour du Vent,  entrons en poésie et découvrons

 » cet inconnu qui nous habite  » …

 

Jeudi 13 février – 18h

Autour d’Albert Camus à la bibliothèque intramuros, rue Désilles

Nous fêtons cette année le centenaire de la naissance d’Albert Camus.

Il naquit en effet le 7 novembre 1913, à Mondovi, Algérie. Ses noces de lumière avec Tipasa, l’étrange et douloureux Meursault, le magnanime docteur Rieux, mais aussi ce Premier Homme, manuscrit endeuillé par l’accident tragique du 4 janvier 1960, qui vit le jour des décennies plus tard, sont autant de facettes d’Albert l’Humaniste, qui marqua sa génération et le monde d’aujourd’hui. Non, Camus n’était pas  » un philosophe pour classes terminales « , comme le disaient ses détracteurs, et la mort a fauché, un triste matin d’hiver, la voix d’un homme juste et bon, qui haïssait le mensonge, la compromission, l’indifférence. 

Oui, Camus nous manque. Il y a des chemins qu’il ne nous montrera plus …

L’Encre Malouine lui rend hommage prochainement. Nous parcourrons ensemble l’oeuvre de cet écrivain qui fut une des voix incontournables de notre siècle. Rappelons l’ouvrage collectif qui lui fut consacré cette année, Pourquoi Camus ? que nous évoquerons plus largement le 27 mars avec Yahia Belaskri, dans une rencontre exceptionnelle au théâtre Chateaubriand. 

Bonnes lectures camusiennes, et avant cela, passez joyeusement le cap 2014 !

 

Jeudi 9 janvier – 18h

Au pays des Malouinières à la bibliothèque intramuros, rue Désilles

Dans la belle malouinière des Tuesdan de Sévignac, le mystère règne, et Loïc Kermeur ne se doute pas du huis-clos où il met les pieds. Parviendra-t-il à démêler cet écheveau où s’emmêlent

l’histoire d’une famille et l’Histoire tout court ?

Vous aurez peut-être la chance de le savoir en le suivant au fil des pages du roman de Jean-Yves Lesné

pour votre plus grand plaisir. 

 

Jeudi 19 décembre – 18h

Vos coups de cœur de l’automne à la bibliothèque intramuros, rue Désilles

Vos coups de cœur de l’automne …

Échangeons autour des prix littéraires

ou des œuvres qui n’ont pas connu la gloire des lauriers

 

Jeudi 28 novembre – 18h

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